Le cinéma belge commence seulement à se faire connaître, grâce à des distinctions, notamment au Festival de Cannes, alors qu'il a longtemps vécu dans l'ombre d'autres cinématographies, particulièrement celle de la France où nombre de réalisateurs et d'acteurs allaient poursuivre leur carrière.
En outre, la Belgique est un petit pays au coeur de l'Europe, au centre de deux cultures : latine et germanique, et aux trois langues nationales : le français, le néerlandais et l'allemand (minoritaire). Le cinéma belge se décline donc au pluriel[1], mais si quelques auteurs font le choix d'une étude différenciée de chaque aire linguistique[2], d'autres préfèrent mettre en avant ce qui les rapproche[3] : le patrimoine culturel, notamment la peinture – celle des grands maîtres tels que Bosch et Bruegel, ou plus près de nous celle de Paul Delvaux, Magritte, Félicien Rops ou James Ensor –, l'attachement aux racines rurales, ainsi qu'un goût marqué pour le fantastique et l'onirisme, voire le surréalisme, souvent associé au concept de belgitude en général.
Certaines catégories sont plus caractéristiques de ce cinéma que d'autres : le documentaire, auquel Henri Storck a donné ses lettres de noblesse, mais également l'essai formel (cinéma expérimental et avant-garde) et le film sur l'art.
Sources
1↑ Philip Mosley, universitaire américain d'origine britannique, a exploré cette interrogation identitaire, notamment dans Split Screen: Belgian Cinema and Cultural Identity
2↑ Voir par exemple Wikipédia : Histoire du cinéma wallon ou Regard sur le cinéma flamand par Pascal Sennequier
3↑ Jean-Loup Passek (sous la direction de), Dictionnaire du cinéma, Larousse, 1998, p. 67.
